Derrière les chiffres du PSE : quels impacts pour les salariés ?
Depuis le message du Directoire du 9 avril, les salariés étaient dans l’attente des annonces autour du projet de PSE et des réorganisations associées.
Dans un nouveau message « Point d’étape sur le plan de transformation CAP29 », le directoire a enfin communiqué les chiffres des réorganisations, des suppressions de postes et des modifications de postes à venir dans les prochains mois.
Les 14 secteurs visés par le PSE
La Croix
- Réorganisation de l’activité pré-presse du quotidien papier
- Réorganisation des missions du poste de Secrétaire général visuel du quotidien papier
- Réorganisation du réseau des correspondants régionaux en France
Bayard Jeunesse
- Arrêt du titre Je Bouquine (séance CSE du 12 mai)
- Reconfiguration du pôle héros (séance CSE du 12 mai)
- Réorganisation des postes d’assistanat de rédaction (séance CSE du 12 mai)
- Réorganisation de la direction Marketing, Brand et Communication jeunesse (séance CSE du 19 mai)
- Réorganisation du réseau commercial jeunesse
Direction financière
- Réorganisation du service de comptabilité
Force de vente des terrains catholiques
- Réorganisation de l’activité commerciale
Direction Technologies Data et Digital (DTDD)
- Réorganisation de la Digital Factory
- Réorganisation des activités Data
- Réorganisation de la production
- Réorganisation des systèmes d’information commerciaux
À travers les documents transmis dans le cadre du PSE, la direction présente ce projet comme une réponse aux difficultés économiques du groupe, à la baisse des activités historiques de presse et à la nécessité de développer de nouveaux relais de croissance, notamment numériques. Les termes utilisés reviennent régulièrement : “simplification”, “mutualisation”, “fluidification”, “efficacité”, “transversalité”, “transformation digitale” ou encore “performance”.
Les documents du projet montrent également une évolution importante des priorités stratégiques. Les activités numériques, le marketing client, le CRM, la data, le e-commerce ou encore certains projets liés à l’intelligence artificielle prennent une place de plus en plus importante dans l’organisation future. Plusieurs créations de postes annoncées concernent d’ailleurs directement ces domaines.
À notre sens, le projet repose sur une contradiction forte : vouloir développer de nouveaux projets, renforcer certaines activités, accélérer les transformations et améliorer la performance globale tout en réduisant en parallèle les effectifs et les moyens humains.
Or chacun sait qu’une réorganisation importante demande du temps, des équipes stables, de la coordination et des ressources suffisantes. Les périodes de transition génèrent nécessairement des charges supplémentaires : transmission des activités, réorganisation des collectifs, adaptation aux nouveaux outils, nouveaux circuits de validation, nouveaux interlocuteurs ou encore montée en compétences sur des missions élargies.
Ce que la CGT défend dans la négociation
- Obtenir que la direction réduise le nombre de postes supprimés dans son projet
- Garantir qu’aucun salarié ne soit pas visé personnellement par une suppression de poste : Un poste supprimé doit faire partie d’une catégorie professionnelle large. Des critères d’ordre objectifs doivent s’appliquer si un salarié dans une catégorie professionnelle doit être licencié, afin de protéger les plus fragiles.
- Exiger une transparence totale, ainsi qu’un gel des embauches externes, sur des postes vacants dans l’entreprise et pouvant servir à reclasser des salariés dont le poste est supprimé.
- Se battre pour éviter les départs contraints et garantir des conditions d’accompagnement et des indemnités généreuses en cas de sortie de l’entreprise.
- Penser l’après-PSE : La charge de travail consécutive à la suppression d’un poste. Les réorganisations pensées comme source d’économies ou profiter des réorganisations parfois nécessaires pour rechercher des économies qui pourraient s’avérer contreproductives.
Position CGT
Nous ne signons pas pour signer.
Un accord n’est acceptable que s’il améliore réellement la situation des salariés.
Un point clair : signer n’est pas céder
Contrairement à certaines idées :
Signer un accord peut permettre d’obtenir plus de droits.
Mais :
Refuser de signer est nécessaire si les garanties sont insuffisantes.
Le rôle des salariés
Le rapport de force ne dépend pas uniquement des négociations.
Il dépend aussi de vous :
- Votre participation aux assemblées
- Vos échanges avec les élus
- Votre mobilisation
Position CGT
Sans collectif, il n’y a pas de rapport de force.
Sans rapport de force, il n’y a pas de garanties.