Faisons tourner les chefs !
Oui, oui, nous le savons, nous ne sommes pas en cogestion, l’ancien directoire nous le disait
souvent. Sans aller jusqu’à demander une « gestion collective des moyens de production », ne pourrait-on pas profiter de cette période de fortes réorganisations et autres bouleversements dans l’entreprise pour avancer vers une véritable subsidiarité (mot cher à la gouvernance de Bayard) et un questionnement des rapports hiérarchiques ?
Déménagement, flex-office, télétravail, évolutions techno- logiques, transformations de métiers, renouvellement du top management… beaucoup de salarié·es se sentent exclus des décisions ayant un fort impact sur leurs conditions de travail et la manière d’exercer leur métier. La CSSCT avertit régulièrement depuis quelques mois d’une multiplication des alertes pour risques psycho-sociaux dans différents secteurs de Bayard. Penser le rôle du management devrait être au centre de la réflexion sur la prévention de ces risques. Alors, pourquoi ne pas considérer le management comme une période transitoire et non pas une ascension hiérarchique sans retour, vers des sommets toujours plus lointains ?
Bien sûr, il serait absurde d’imposer un rôle managérial à un·e salarié·e ne le souhaitant pas. Mais ne serait-il pas sain de favoriser une hiérarchie souple dans laquelle l’expérience managériale ne distance pas des équipes mais, au contraire, contribue à les souder en partageant les responsabilités ?
Un·e chef·fe qui n’est plus chef·fe, ou un·e salarié·e devenu·e chef·fe pour une période donnée, serait contraint·e de porter plus d’attention à la qualité des rapports hiérarchiques. Par ailleurs, une expérience de management contribuerait à élargir le champ des compétences des salarié·es, leur faire gagner en autonomie et les sensibiliser aux enjeux stratégiques.
En outre, rien de mieux pour parler ouvertement des rémunérations de chacun·e qu’un rapport apaisé à la hiérarchie. Et ce, alors que la directive européenne sur l’égalité hommes-femmes et la transparence salariale sera très prochainement applicable en France.
Alors oui ! Faisons tourner les chef·fes et déhiérarchisons l’entreprise !