PSE chez Bayard

Au cours de l’analyse du projet de PSE, les élu·es du CSE ont obtenu plusieurs documents permettant de mieux comprendre certaines orientations retenues par la direction. Parmi eux figure un état détaillé du recours à des prestataires externes sur de nombreux projets de la Direction Technologies, Data et Digital (DTDD).

Cette analyse soulève une question de fond : comment justifier un projet de suppression de postes alors que plusieurs millions d’euros continuent d’être consacrés à des prestations externes ?

 

Bien entendu, personne ne prétend que les activités réalisées aujourd’hui par ces prestataires pourraient disparaître du jour au lendemain. Mais le niveau des dépenses engagées interroge lorsqu’il est rapproché des économies de masse salariale recherchées dans le cadre du PSE.

Pour la CGT, ce débat est essentiel.

Une entreprise qui envisage de réduire ses effectifs devrait d’abord s’interroger sur les moyens de limiter son recours aux prestations externes et sur les possibilités de développer ou de conserver les compétences en interne grâce aux salarié·es déjà présent·es dans l’entreprise.

 

La direction doit être en mesure d’expliquer clairement les choix qui fondent cette stratégie ainsi que sa vision à long terme de l’organisation du travail et des compétences. À ce stade de la procédure, les éléments communiqués aux représentant·es du personnel ne permettent pas de répondre à l’ensemble des interrogations soulevées sur ces sujets.

 

L’analyse des suppressions de postes soulève également d’autres interrogations. Les emplois considérés comme supprimables ne correspondent pas majoritairement aux niveaux de rémunération les plus élevés ni aux fonctions les plus hautes dans la hiérarchie. Dans plusieurs réorganisations présentées, nous observons au contraire des organisations comportant de trop nombreuses strates managériales alors que les équipes opérationnelles, celles qui produisent concrètement l’activité, sont déjà fortement sollicitées.

La CGT pose une question légitime : avant de demander de nouveaux efforts aux salarié·es, l’entreprise a-t-elle réellement examiné l’ensemble des leviers d’organisation possibles ?

Dans d’autres secteurs, dans d’autres médias, les organisations tendent aujourd’hui à réduire les niveaux hiérarchiques afin de rapprocher les décisions du terrain et de renforcer l’efficacité collective.

 

Autre sujet d’inquiétude : la sous-estimation récurrente du rôle joué par certains postes présentés comme pouvant être supprimés sans conséquence majeure. Au fil des échanges, les élu·es constatent que de nombreuses missions associées à ces postes sont insuffisamment prises en compte dans les analyses présentées. Il s’avère pourtant que ces salarié·es sont essentiel·les pour maintenir le lien entre services, la transmission des informations, la résolution des imprévus, le suivi des dossiers ou encore la continuité de l’activité lorsque surviennent des difficultés. Leur contribution ne se mesure pas uniquement à travers un organigramme ou une fiche de poste.

La CGT alerte sur le risque de voir certaines missions simplement reportées sur les salarié·es restant·es, avec pour conséquence une augmentation de la charge de travail, une dégradation des conditions d’exercice des métiers et une exposition accrue aux risques psychosociaux.

 

Ces observations ont été portées à nouveau par la CGT lors du CSE extraordinaire du 16 juin. À ce jour, elles n’ont pas reçu de réponse de fond de la part de la direction.

Si les prochaines réunions ne permettent pas d’apporter des réponses précises aux nombreuses questions soulevées par ses élu·es, la CGT considérera que la direction n’a pas démontré la pertinence de son projet dans sa forme actuelle. Sans être en situation de

cogestion de l’entreprise, nous demanderons alors à la direction de revoir profondément sa copie, y compris en réexaminant l’ensemble des suppressions de postes envisagées.

 

La CGT continuera à défendre toutes les solutions permettant de préserver l’emploi, les compétences, les savoir-faire et les conditions de travail des salarié·es. Car la transformation de l’entreprise ne peut durablement réussir si elle se construit au détriment de celles et ceux qui la font vivre au quotidien.

 

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